SADC: Discours de SEM Marc RAVALOMANANA

Discours de SEM Marc Ravalomanana, Président de la République de Madagascar, Sommet SADC      
 

Discours de Son Excellence Marc Ravalomanana, Président de la République de Madagascar
Sommet extraordinaire de la SADC, 30 mars 2009, Swaziland
(Traduction libre, et version originale en anglais)

Votre Majesté, Roi Mswati III,
Excellence Monsieur le Président Motlanthe,
Excellence Monsieur le Secrétaire Exécutif de la SADC,
Excellences,
Honorable Ministres,
Mesdames, Messieurs

Je voudrais remercier sa Majesté le Roi Mswati III et le Président Motlanthe pour avoir appelé ce sommet extraordinaire de la SADC.

A plusieurs occasions, la SADC a évalué la situation sur le terrain et effectué des rapports à sa Majesté et au Président Motlanthe

La mission ministérielle, dirigée par le Ministre des Affaires étrangères du Royaume du Swaziland, a pu également juger la situation, qui a été vraiment intense

Voila pourquoi, ce sommet est d’une importance capitale pour la population de Madagascar. Leur future dépend de ce qui sera décidé.

Majesté, Excellences, Je n’ai jamais démissionné, J’ai été forcé de quitter le pouvoir, sous la menace d’une arme, le 17 mars.

Ma famille et moi, étions entourés par des soldats qui nous menaçaient. Mon fils et sa femme étaient obligés de se cacher dans la forêt.

La seule échappatoire pour nous était de quitter le pays.

Andry Rajoelina, l’ancien Maire de la Capitale a pris le pouvoir à travers le terrorisme. Il a incité à des violences et des destructions sans précédent.  Et depuis le 26 janvier. Les stations de radio et de télévision nationale ont été incendié et plus de 20 centres d’achat ont été détruits et brulés, Rajoelina a utilisé ses propres stations radio et Télévision pour faire des propagandes subversive.

A travers ces stations, il a fait circuler des rumeurs contre le gouvernement.

Il a utilisé cette stratégie pour :

1) terroriser la population et

2) déstabiliser le pays

L’économie est ruinée : une centaine d’affaires ont du fermer à cause de plusieurs pertes.

Les forces de l’ordre n’ont pas pu prévenir la vague de destruction parce qu’il y avait un manque d’équipement anti – émeute. Elles ont été assiégées par l’ampleur des violences organisées.

Andry Rajoelina a déclaré très tôt qu’il voulait prendre le pays en charge le 31 janvier, il a ordonné au pays tout entier à suivre son leadership.

Il a  dit à l’administration et aux forces de l’ordre qu’iles étaient sous son commandement. Et jour après jour, il a orchestré des démonstrations perturbatrices, vis-à-vis du public et du secteur privé.

Le 7 février, il s’est auto proclamé « Président de la Haute Autorité de Transition ». Il a désigné un Premier Ministre, qui a désigné les Ministres.

Tous ces évènements s’étaient déroulés durant les mouvements de rue. Il a ensuite tenté de prendre le palais présidentiel et les ministères. Il a échoué à cette étape.

Comme ses intentions de prendre illégalement le pouvoir est devenu apparent, et que les violences ont continué, il a commencé à perdre du soutien.

Dans ses discours, il a commencé à menacer les citoyens : ceux qui ne voulaient pas le suivre verront leurs maisons marquées.  Son équipe a commencé à envoyer des menaces aux ministres, députés, sénateurs et directeurs médias. Deux journaux ont du arrêter leur publication.

Il a par  la suite déclaré qu’il prendrait le pouvoir avec l’aide de forces armées. Le Dimanche 8 mars, il a organisé une mutinerie au niveau d’une faction de l’armée. Les sous officiers s’étaient rebellés contre les officiers supérieurs. Quelques officiers ont été pris en otage dans un baraquement militaire.

Son Ministre de la Justice a lancé un mandat d’arrêt contre les membres de cabinet. Avec l’aide des mutins, il a pris le bureau du Premier Ministre le vendredi 13 mars.

Trois jours plus tard, les soldats mutins ont investi le Palais Présidentiel situé en ville.

Le mardi 17 mars, il a envoyé ses troupes pour prendre le Palais d’Etat d’Iavoloha, où j’ai l’habitude de résider et de travailler. Ils ont dispersé des milliers de partisans qui s’étaient installés à l’extérieur du palais

Le même jour, les officiers mutins  troublent un meeting. Ils ont menacé avec des armes des diplomates, des membres de l’Eglise, de la société civile et de l’armée. Ils ont même pris en otage des hauts gradés de l’armée et un pasteur. Ils ont demandé à ce que le pouvoir soit remis à Rajoelina.

Quand il est arrivé au pouvoir, Rajoelina a dissout le parlement et le cabinet. Il a aussi modifié la constitution, en changeant la structure de la Haute Cour Constitutionnelle. Résultat, 10 des 11 membres ont été désigné par lui – même et son gouvernement.

La population de Madagascar ne veut pas de ce régime anti – démocratique. Tout au long de la semaine, la population a manifesté contre le régime et a demandé mon retour. Plus de 30 000 personnes ont protesté Samedi dernier.

Malheureusement, les violences et intimidations prévalent encore. Après la manifestation de Samedi, un groupe de soldat rebelle et quelques militants ont chassé la population qui a dirigé une manifestation pacifique dans la Capitale, Antananarivo.

Ils ont tiré sur les manifestants. 7 sont morts et plus de 30 ont été blessés. Plusieurs personnes sont portées disparues. Plusieurs ont été arrêtées.

Majesté, Excellences, je suis très désolé pour cela. Madagascar allait bien. Nous étions classés parmi les économies les plus performantes en Afrique Sub Saharien avec un taux de croissance de plus de 7% l’année dernière. Maintenant il y a une totale perte de confiance aux investissements à Madagascar.

Les investissements se retirent, la communauté internationale a suspendu son aide. La population la plus pauvre de Madagascar est le plus qui en souffrira. Elle ne mérite pas la situation.

Majesté, Excellences, les derniers mois ont été les périodes les plus difficiles de ma vie. Je suis affecté par les pertes inutiles de vies, les destructions insensées de tout ce que nous avons accompli.

Majesté, Excellences, la seule solution à cette crise est le retour au pouvoir d’u’ Gouvernement démocratiquement élu. C’est ce que demande la population de Madagascar

C’est la raison pour laquelle elle manifeste dans plusieurs parties du pays demandant mon retour.

Le coup et le régime actuel sont chaque jour en train de détruire Madagascar. Une faction de l’armée est hors de contrôle. Les fonctionnaires sont en grève. Les fonds gouvernementaux ont été retirés. La population refuse de payer des impôts à un gouvernement non démocratique.

Pour toutes ces raisons, je vous demande votre aide pour sauver Madagascar du Chaos et de l’Anarchie. J’ai besoin de votre appui pour retourner dans mon pays. La situation qui prévaut à Madagascar est inacceptable. Les règles légales et la démocratie doivent être rétablies

Une fois de retour au pouvoir, je m’engage à:-

1. Constituer un gouvernement de consensus.

2. Mettre en place une Commission Electorale Indépendante

3. Restructurer et ré entrainer l’armée et la police, avec le soutien de la SADC et les autres partenaires

4. Améliorer le climat des investissements

5. Assurer que les règles et la loi soient observés

6. Tenir une consultation nationale soit un référendum soit une élection

Pour conclure, je plaide pour une intervention de la SADC pour déloger les insurgés et restaurer la démocratie dans mon pays.

Je tiens à remercier le Président Molanthe, Président de la SADC, le Roi Mswati III, le président de l’organe politique, de défense et de sécurité de la SADC et tous les chefs d’Etats et de Gouvernement qui ont assisté à ce sommet.

Merci pour vous soutien et votre compassion. J’ai totale confiance en la solidarité et le soutien mutuel entre les membres de la SADC.

Merci. 



Speech of His Excellency Marc Ravalomanana, President of the Republic of Madagascar
SADC Extraordinary Summit, 30th of March 2009, Swaziland


Your Majesty King Mswati the Third,
Your Excellency, President Motlanthe,
Your Excellency, the Executive Secretary of SADC,
Your Excellencies,
Honorable Ministers,
Ladies and Gentlemen,

I would like to thank His Majesty King Mswati the Third (III) and President Motlanthe for convening this extraordinary SADC summit.

On different occasions, SADC has assessed the situation on the ground and made its report to both His Majesty and President Motlanthe.

The Ministerial mission, led by the Minister of Foreign Affairs of the Kingdom of Swaziland, could also assess the situation, which was already very tense.

That is why this summit is very important for the people of Madagascar. Their future depends on its outcome.

Majesty; Excellencies, I never resigned. I was forced to hand power over, at gun point, on March the 17th.

My family and I, were surrounded by soldiers threatening our lives. My son and his wife were forced to hide in the forest.

The only escape for us was out of the country.

Andry Rajoelina, the former Mayor of the Capital, Antananarivo, seized power through terrorism. He has incited unprecedented violence and destruction. And this since the 26th of January.

National and private radio and television stations were burnt down, and more than 20 shopping centres were looted and burnt down. Rajoelina used his own radio and Television stations for subversive propaganda.

Through these stations, he spread rumors against the government.

He made use of this strategy to:

1) terrorize the population and

2) destabilize the country.

The economy has been ruined: hundreds of businesses had to close down due to looting.

The security forces could not prevent the wave of destruction because they lacked anti riot equipment. They were overwhelmed by the scope of organized violence.

Andry Rajoelina claimed very early that he wanted to take charge of the country. On the 31st of January, he ordered the whole country to follow his leadership.

He told the administration and security forces they were under his command. And day by day, he orchestrated disruptive demonstrations, for both the public, and the private sector.

On the 7th of February, he proclaimed himself ‘president of the Higher Authority of Transition’. He appointed a prime minister, who named a cabinet of ministers.

All this occurred during street rallies. He then attempted to take over the presidential palace and the ministries. He did not succeed at this stage.

As his intentions of taking over power illegally became apparent, and the violence continued, he began losing support.

In speeches, he began threatening citizens: those unwilling to participate, would have their houses marked. His team began sending threats to ministers, MPs, senators, and media managers. Two newspapers had to stop publishing.

He then announced he would seize power with the help of armed forces. On Sunday the 8th of March, he organized a mutiny within a faction of the army. Junior officers rebelled against senior officers. Some officers were taken hostage at the army barracks.

His ‘Minister of Justice’ issued arrest warrants against members of the cabinet. With the help of the mutineers, he took the prime minister’s office on Friday the 13th.

Three days later, the mutinous soldiers took the Presidential palace in town.

On Tuesday the 17th, he sent troops to take the State Palace of Iavoloha, where I used to reside and work. They dispersed thousands of supporters camped outside the Palace, before they stormed it.

On the same day, mutinous officers stormed a meeting. They pointed guns at diplomats, senior members of the church, of the civil society, and of the army. They even took high ranking officers and a pastor hostage. They demanded power be handed over to Rajoelina.

As soon as he took power, Rajoelina dissolved Parliament and the Cabinet. He has also modified the Constitution, by changing the structure of the High Constitutional Court. As a result, 10 out of the 11 members are appointed by him and his government.

The people of Madagascar do not want this undemocratic regime. For over a week, people have been demonstrating against it, and asking for my return. Over 30 000 people were protesting last Saturday.

Unfortunately, violence and intimidation still prevail. After last Saturday’s demonstration, a group of rebellious soldiers and some militiamen chased the people who held the peaceful demonstration in the Capital, Antananarivo.

They shot at the demonstrators. As a result, 7 died, and more than 30 were injured. Several people are missing. Many were arrested.

Your Majesty, Excellencies, I am so saddened by this. Madagascar was doing so well. We were ranked among the best performing economies in Sub Saharan Africa with a growth rate of above 7% last year. Now there is total loss of business confidence in Madagascar.

Investors are pulling out, the international community is withdrawing its support. The poorest people of Madagascar are the ones who will suffer the most. Surely they do not deserve this.

Your Majesty, Your Excellencies, these last few months have been a very very painful episode of my life. I am saddened by the futile loss of lives, the senseless destruction of everything we had achieved. 

Your Majesty, Your Excellencies, the only solution to this crisis is to return the democratically elected Government back to power. This is what the people of Madagascar are calling for.

This is why there are rallies in different parts of the country on a daily basis, asking for my return.

The coup and the current regime are destroying Madagascar every day. A faction of the army is out of control. Civil servants are on strike. The government’s funds have been withdrawn. People refuse to pay taxes to an undemocratic government.

For all these reasons, I ask for your help to save Madagascar from chaos and anarchy. I need your assistance to go back to my country. The situation prevailing in Madagascar is unacceptable. The rule of law and democracy must be restored.

Once back in power I will undertake the following:-

1. Constitute a new consensus inclusive Government.

2. Establish an Independent Electoral Commission

3. Restructure and retrain the army and the police, with the assistance of SADC and other partners

4. Improve the business climate

5. Ensure that the rule of law is observed

6. Hold national consultations for either a referendum or anticipated presidential elections

In conclusion, I make a special plea for an intervention of SADC to remove the insurgents and restore democracy in my country.

I must thank President Molanthe, the Chaiperson of SADC, and King Mswati The Third, the chairperson of the SADC Organ on Politics, Defense and Security, and all the heads of State and government who have attended the Summit.

Thank you for your assistance and compassion. I have full confidence in the solidarity and the mutual support between members of the SADC.

Thank you.