La SADC recommanderait des sanctions contre Madagascar

  2009-03-21 10:27:16  

     JOHANNESBURG, 20 mars (Xinhua) -- La Communauté de  développement d'Afrique australe (SADC) pourrait tenir une réunion ce mois pour discuter d'éventuelles sanctions à infliger à  Madagascar, a affirmé vendredi le ministre sud-africain de la  Défense Charles Nqakula. 

     Lors d'une rencontre avec la presse, Nqakula a déclaré que  l'organe de la SADC sur la coopération en matière de politique,  défense et sécurité recommanderait de lourdes sanctions contre  Madagascar. 

     La troïka de l'organe - Afrique du Sud, RDCongo et Zambie -  s'est réunie jeudi au Swaziland. 

     "Il y avait une envie d'intolérance totale. La troïka a dû se  réunir car un pays membre est assiégé. Les sanctions doivent en  fait donner un signal clair: la SADC ne tolérera pas ce genre de  chose", a indiqué M. Nqakula. 

     Le président malgache Marc Ravalaomanana a été obligé de  démissionner mardi et remis les pouvoirs à l'armée. Les pouvoirs  ont été ensuite transférés au leader de l'opposition Andry  Rajoelina dont les partisans n'ont cessé de manifesté depuis fin  janvier. 

     Des pays africains ont condamné ce changement du pouvoir et  menacé d'imposer des sanctions si Rajoelina ne renonce pas le  pouvoir. 

     "L'Afrique du Sud (...) ne reconnaîtra pas Rajoelina", a  déclaré M. Nqakula, précisant que les sanctions feraient l'objet  de discussions et que l'organisation de 15 pays membres devraient  prendre une décision. 

     "Ceux qui ont usurpé le pouvoir là-bas sentiront la pression  des sanctions", a dit le ministre sud-africain. 

     M. Nqakula a affirmé avoir informé le président sud-africain  Kgalema Motlanthe des résolutions de l'organe sur la coopération  en matière de politique, défense et sécurité, proposant que la  réunion de la SADC se tienne le 30 mars à Johannesburg. 

     Mais, a-t-il poursuivi, le président Motlanthe estime que cette date était "trop loin". 

     Le président Motlanthe, dont le pays assume la présidence de la SADC, avait condamné le changement du pouvoir à Madagascar,  déclarant qu'il ne reconnaîtrait pas Rajoelina qui, selon lui, a  pris le pouvoir illégalement. 

     M. Nqakula a en outre avoué que la SADC aurait dû intervenir  lors de la crise politique à Madagascar. Pourtant, le protocole de la SADC ne peut agir sans la demande du pays membre, et pour le  cas de Madagascar, Ravalomanana n'a pas demandé une intervention  immédiate, a dit le ministre sud-africain. 

     Par ailleurs, la troïka de la SADC a décidé d'envoyer son  secrétaire exécutif Tomaz Salomao à Madagascar.